DES ECHANGES SUR LE BTM ET BTC ENTRE LE BDD, LE GRET ET LE CPP

16/05/2013 13:51

 

De gauche à droite: Pierre Procès (Asbl Nature), Dominique  Violas et Céline Allevardian (tous les deux du GRET), Pierre Kunda ( CPP) et Placide Mukebo( BDD)  

Le BDD a reçu la visite du GRET (ONG de développement solidaire) et du CPP (centre professionnel  paysan). Ces deux organismes/institutions, le GRET  et le  CPP travaillent en partenariat dans le cadre d’un projet d’agroforesterie au village Mukoma qui couvrira une superficie de 2.000Ha. Dans le cadre de ce projet, il est prévu d’accompagner /d’aider les paysans à construire des habitations (environ 150 maisons) pour améliorer leur bien être. Ces maisons étaient  prévues d’être construites en briques cuites.

Ce qui serait un peu en contradiction avec ce  projet d’agroforesterie dont les objectifs sont de contribuer, par le reboisement, à la gestion durable des ressources en bois de la ville de Lubumbashi .La construction des ces maisons en briques cuites demanderait d’utiliser le bois (extrait du massif naturel et  produit dans le cadre de ce projet). Quand on sait par expérience qu’ une maison fonctionnelle de 4 pièces de 8x8m demande environ 5.500briques et que pour produire un four de 5.000briques, il faut un camion et demi  de bois soit 18m3. Les briques pour les 150 maisons (825.000 briques) demanderaient 1.238 charges de bois (camions) de 18m3, 20.284m3 soit plusieurs milliers d'Ha de déboisement.

En 10 ans la superficie de la ville de Lubumbashi est passée de 937 à ±3.400km², ce qui implique une dynamique constructive active avec une utilisation anarchique de bois .C’est ainsi que le BDD a mis en place un secteur/une cellule d’éco construction pour la promotion d’une architecture durable/soutenable à partir des matériaux locaux tel que la terre. Technologie de construction qui utilise les BTM (bloc de terre moulé) et les BTC (bloc de terre comprimé). Le BTM est une technique de construction traditionnelle utilisée dans le milieu. Aujourd’hui elle  est malheureusement méprisée parce qu’identifiée à une technique de construction pour les pauvres. Bien qu’il y ait des exemples de construction datant de l’ époque coloniale encore en bon état après plus de 60 ans tel que les maisons du camp SNCC/T shiamilemba à côté du cimetière des sapins de la ville de Lubumbashi, le camp GCM  « Rouge » de la cité de Kipushi, quelques maisons de la commune Kenya et Katuba.  Actuellement le gouvernement provincial a lancé une mesure interdisant la consommation du charbon de bois pour la fabrication/production des briques. La population, elle s’est repliée sur le charbon de bois pour la production des briques cuites. Quand on estime la consommation de charbon de bois  à une moyenne de 2 sacs de 50kg/mois  /ménage pour une population d’environ 500.000 ménages pour la ville de Lubumbashi. On comprend mieux la menace que courent la ville et l’environnement en augmentant chaque jour  la pression sur la ressource bois.

Les échanges entre le BDD, le GRET et le CPP ont tourné autour de cette technologie (BTM, BTC).Pour le GRET, adopter le BTC augmenterait  la quantité de sacs de ciment prévu par maison d’ environ 84 sacs. Il y a aussi la question des dalles de fondation qu’ il faut couler et qui consomment beaucoup de ciment. L’analyse économique est nécessaire pour orienter les décisions. Quelques idées ont été avancées pour diminuer  les coûts liés au ciment . Les murs en BTC ont l’avantage d’être plus durable et de demander moins de ciment pour les joints, comparés  aux murs en briques cuites qui demandent d’être absolument recouverts d’un enduit en ciment, du fait que les briques cuites sont friables de par leur procédé de fabrication et ne résistent pas à la pluie ( pour plus de durabilité). Quant aux BTM(blocs de terre moulés) appelé « chimba brique » dans le milieu, il ya un travail de valorisation de l’ identité culturelle des populations locales à faire pour faire accepter cette technologie améliorée à l’ exemple de l’ école construite au village Chem Chem par les salésiens  dont les coûts seraient plus abordables pour les communautés.

 

Qelques photos du chantier construction- formation des salles de classe en BTM (chimba briques modernes) au village Chem chem   

Quelques chiffres :

Le Bureau Diocésain des œuvres médicales vient de réaliser la construction de 3 centres de santé à Mwenda Mukose, Wabwenze et Kalonga en milieu rural de l’Archidiocèse de Lubumbashi en BTC. Ces travaux  ont permis d’avoir une idée sur les coûts :  

1m² de mur en briques cuites locales  aurait coûté ( si le BDOM avait construit en briques cuites) :

1m² de mur en BTC produit localement a  coûté au BDOM pour les constructions réalisées :

-        16 briques=0$, qui devait être offertes par la communauté

-        0,06m 3 de mortier de pose dosé à 1 volume ciment/6,5volume de sable =15,6$

-        0,06m3 de mortier d’enduit dosé à 1 volume de ciment/5volume de sable=17,3$

-        0,6ml de poutre béton armé =9,3$

-        Total= 42,20$/m²

-        30,7 BTC à 6 % de ciment produits localement =13$

-        0,023m3 de mortier de pose (joint fin de 1,5cm) dosé à 1 volume de ciment/6 volume de terre/ 6 volume de sable=2,7$

-        Pas d’enduit – 0$

-        0,33ml de chaînage en béton armé = 2,3$

-        Total=18$/m²  

 

Les échanges ne se sont pas seulement arrêtés à l’Eco construction. L’expérience du BDD sur l’agriculture durable/soutenable a été abordée :

-        Tel que le thème sur le manioc, culture réintroduite dans la zone depuis 2001, avec différentes variétés aussi bien locales que venant du Bas Congo, dont la variété BDD qui s’est bien adaptée  aux conditions climatiques du milieu et que le BDD a diffusé. Ceci pour répondre aux besoins de la ville de Lubumbashi estimée à 150.000T de farine de manioc pour 1 million de tonnes de maïs. Actuellement, le BDD vient de lancer un programme  de transformation du manioc afin de montrer aux paysans d’autres alternatives de consommation du manioc, de réduire la pénibilité de transformation du manioc en farine pour le Bukari avec un procédé qui prend 3 jours au lieu des 21 jours avec le procédé traditionnel. Et produire aussi de la farine de manioc panifiable.

-        Tel que l’utilisation des engrais organiques, Mucuna, Crotalaria, Tithonia pour la fertilisation des sols par enfouissement.